24h dans le désert californien – fin octobre 2017


Depuis mon arrivée en Californie j’ai beaucoup entendu parler du désert. Les échos étaient sensiblement toujours les mêmes : « c’est magnifique et on s’y sent si petit », « fais attention si tu y vas, on s’y perd très facilement », « l’eau descend réellement plus vite que prévu », « ne t’éloignes pas des routes ! ». Ne connaissant absolument pas les environs de San Diego et ayant 0% des skills de Chuck Norris, on a décidé avec un groupe d’amies de s’inscrire à un voyage dans le désert organisé par UCSD (= notre université) avec des visites de grottes le samedi et une petite randonnée sur les traces des natifs américains le dimanche. Comme on nous l’a énormément répété, il est vraiment préférable de partir avec des gens qui connaissent ce genre d’environnement et qui ont l’équipement nécessaire pour y passer une nuit. Si il n’y a rien de très dangereux ni exotique dans le fait même d’y aller, le fait de sortir des sentiers battus, de se perdre et de manquer d’eau peut amener à des situations assez compliquées. Pour un prix plus que raisonnable, on est donc parties le temps d’un week-end dans le désert d’Anza Borrego, le plus grand state park de l’état, dans le comté de San Diego, à environ 3h de route de UCSD.

Le samedi matin (après un petit réveil sucré salé à 5h30 du matin) on s’est donc retrouvées à UCSD dans la joie et la bonne humeur pour faire connaissance avec le groupe et les guides qui avaient approximativement tous notre âge. C’était un peu étrange au début de voir que les gens qui allaient nous guider pendant le week-end avaient à peine vingt ans mais ici c’est assez courant puisque beaucoup d’étudiants ont un travail en même temps que les cours. Après une heure d’autoroute à écouter du Billy Joel et de la country (ne jamais laisser le contrôle du son à un Américain) on est rentrés dans le désert d’Anza Borrego où on a encore roulé pendant deux bonnes heures avant d’arriver au camping. Dès notre sortie de l’autoroute, il n’y a plus eu de réseau et on a vraiment senti, même dans la voiture et avec la clim à fond (les Américains et l’écologie épisode 15 saison 18) que la température était montée de plusieurs degrés. On a vu de loin quelques maisons éparpillées entre des cactus et des éoliennes, qui marchaient peu puisqu’il y a approximativement 2% de vent dans le désert, mais à part cela aucune trace de vie humaine ou même d’animaux.


Après avoir déposé nos affaires dans le camping, situé à l’ombre entre deux collines et quelques palmiers, on est partis vers la première grotte qui se trouvait à l’intérieur d’une petite colline. La roche était magnifique et pour nombreux c’était notre première expérience caving donc c’était plutôt fun et assez impressionant au début. Cette grotte avait quelques brèches où on a pu grimper pour admirer de sublimes vues, entre le bleu du ciel et de petites collines de roche. C’était vraiment des paysages que je n’avais jamais vu auparavant et qui appartiennent de façon très singulière au désert : sec, aux couleurs ocres et où très peu de végétation subsiste.


Le reste de l’après midi on a continué à explorer des grottes avec nos casques et lampes frontales de beaux gosses sans oublier de se bourrer de snacks fournis par UCSD entre chaque visite. Ok, on était dans le désert mais il ne faut pas oublier qu’on reste dans le pays de la sur-consommation et qu’il est donc nécessaire d’avoir une tonne de chips en libre service dans les vans et de laisser la voiture avec la climatisation à fond toutes portes ouvertes en plein soleil. ‘Murica at its finest. Pour finir les visites on s’est séparés en deux groupes pour faire quelque chose d’un peu spécial : sortir d’une grotte dans le noir complet. Bon écrit comme ça et alors qu’en lisant ça tu es sûrement ultra posé au fin fond de ton canap’, c’est peu impressionant et il est assez difficile de se rendre compte du caractère particulier de la chose mais c’était vraiment une expérience unique. Il est vraiment rare de se retrouver dans le noir total et surtout dans un silence complet comme on l’a été pendant quelques minutes. Sans la vue nos sens étaient si bousculés, on a passé vingt minutes à marcher dans le noir alors que l’expérience a semblé durer trente secondes. On était super contentes d’avoir fait ça parce qu’on va dire que sortir d’une grotte très étroite dans le noir complet au fin fond du désert californien n’est pas quelque chose que l’on a l’occasion de faire tous les jours.


Après une quinzième pause snack de la journée on est repartis vers le camping où on a monté nos tentes pour la nuit et où on a profité de la piscine remplie avec de l’eau provenant de hot springs (oui, comme je l’ai déjà écrit plus haut, ça reste les USA donc même en camping on a une piscine et de la junk-food). En sortant on a eu le droit à un magnifique coucher de soleil, qui projetait une douce lumière autour des palmiers et qui teintait les collines aux alentours de superbes couleurs. On a dîné sous les étoiles avec un feu de camp, même si les températures étaient très agréables une fois le soleil couché. Il y avait beaucoup de familles américaines au camping, venus passer le week end dans le désert comme nous.

23772200_1290278791077267_1895547214_n


On a également eu la visite d’un des gardes du park qui nous a montré sa trouvaille de la nuit : un serpent à sonnettes. Rien de plus rassurant avant d’aller dormir, surtout qu’il nous a répété plusieurs fois qu’il l’avait trouvé dans une tente d’un des campeurs. On a aussi vu quelques souris, intriguées par notre dîner, mais à part ça zéro animaux malgré le fait que nous ayons de l’eau et de la nourriture. Après que les filles aient fait fuir les souris par leurs cris divins (suivis par un énorme jugement de valeur d’un des guides genre « pourquoi tu cries pour une souris ?????») on a pris le temps de contempler les cieux.
Il y avait tant d’étoiles ! La beauté d’un ciel non pollué, loin de toutes lumières citadines et d’une quelconque trace de vie humaine mise à part nous. J’étais vraiment très heureuse de pouvoir admirer un tel spectacle, surtout que j’ai vu pour la première fois les Seven Sisters (aussi appelées les Pléiades ou amar M45) qui sont un amas d’étoiles uniquement observable en automne et dans un ciel très clair. Cette petite masse d’astres si brillante au dessus de nos têtes m’a une nouvelle fois rappelée à quel point j’étais chanceuse et heureuse d’être ici, en Californie.

23758388_1290279071077239_24936548_n

Le lendemain on s’est levés à l’aube pour aller voir le lever du soleil entre les collines. Une nouvelle fois j’ai été frappée par la beauté des paysages désertiques. On se sent vraiment tous petits face à de telles étendues de vide. A part une route bétonnée tracée entre les collines et la végétation désertique si singulière il n’y a rien, rien de rien. Je crois que c’est ce qui m’a marqué le plus ce week-end là, ces grandes étendues qui se ressemblaient toutes et où il semblait impossible de s’y retrouver si on s’éloignait des chemins tracés.



23758084_1290281404410339_1823500559_n

Ce sentiment s’est encore plus intensifié lors de la hike du dimanche matin, où nous sommes vraiment sortis de la route pour rouler entre les cactus et les trous de serpent. Heureusement que les guides connaissaient extrêmement bien leur chemin parce qu’il était, à mes yeux d’enfant de dix neuf ans qui se rendait pour la première fois dans un tel environnement, très difficile de se repérer. La hike n’était pas très longue et très difficile mais il était aux alentours de 11h ce qui fait qu’il faisait vraiment très chaud. Je crois qu’avant de partir j’avais tendance à un peu minimiser la dangerosité du désert et à juger un peu trop rapidement ceux qui s’y perdaient, en pensant bêtement que si l’on prépare ne serait-ce qu’un tant soit peu un voyage, il est impossible que celui ci se termine mal. Et pourtant j’avais faux sur toute la ligne. C’est vraiment lors de cette dernière hike, où la chaleur était assez forte, l’ombre inexistante et les paysages tous semblables que j’ai vraiment compris que le désert n’était définitivement pas un environnement comme les autres et à quel point il était facile de s’y perdre à jamais, surtout sans eau et sans nourriture. Comme je l’ai écrit au début, nos téléphones se sont coupés dès notre entrée dans le désert, il n’y a plus de service une fois sortis de l’autoroute. Il est si facile de se perdre, sans réseau, au milieu de nulle part là où chaque cactus se ressemble. Lors de la hike nous sommes allés voir des dessins de natifs américains tracés sur de la roche puis nous avons marché jusqu’à arriver à un magnifique canyon, perdu entre quelques collines. On a alors admiré la vue pendant plusieurs dizaines de minutes, avec la folle envie de rester contempler l’infinité du paysage plus longtemps, avant de rebrousser chemin vers les vans.


Avant de rentrer à San Diego on s’est arrêtés dans la ville de Julian, connue pour ses tartes considérées comme « les meilleures de Californie ». Bon, encore une fois, même si c’était très bon, ça reste les Etats-Unis donc en plus de prendre 1,5kg par bouchée, la part était accompagnée d’une énorme boule de glace et de glacage, sinon ce n’est pas assez sucré. Julian fait carrément plus « américain » que San Diego, qui reste une grande ville occidentalisée, donc c’était assez marrant de découvrir cette partie de la Californie, entre gros bikers aux stations essences et petites maisons colorées de bord d’autoroutes. Une heure et demie de route après on est arrivés à San Diego et après un énième débrief du week end avec les guides (les Américains adorent parler de leur ressenti et des lows and downs du trip histoire de bien tout partager de A à Z) et un gros group hug (vraiment une pratique étrange) on s’est tous dis au revoir, un peu dégoûtés que ce soit passé si vite et de retourner à la vie « normale » après avoir vu de si beaux paysages et expérimenté tant de nouvelles choses.

23756305_1290278784410601_530426167_n

Je me moque un peu (beaucoup) de certaines pratiques américaines ici mais en réalité c’est l’événement le plus professionnel auquel j’ai jamais participé, où l’on a jamais attendu ni manqué de quoi que ce soit (retenez ça la Fédé CRIT lyonnaise svp). Les guides étaient vraiment adorables, tellement organisés et à l’écoute en toutes circonstances (même quand l’une des guides a du m’enlever des épines dans le pied à 6h50 le dimanche matin après que j’ai eu la brillante idée de shouter dans un cactus #platdupiedsécurité, c’était dans la joie et dans la bonne humeur) . Leurs sourires et leur professionalisme ont vraiment participé à l’ambiance géniale du week-end. Je me répète mais j’étais vraiment heureuse de découvrir le désert, paysages magnifiques et solitaires surtout dans de si bonnes circonstances. Si j’ai l’occasion d’y retourner ce serait avec grand plaisir, en sachant que même en y allant mille fois il me resterait encore tout à découvrir de cet endroit si singulier.

« Dios creó el desierto para que el hombre pudiera sonreír al ver las palmeras. » El Alquimista, Paulo Coelho







Retrouvez aryaincalifornia sur Arya In California

Article original : Cliquer Ici

<

p class= »wpematico_credit »>Powered by WPeMatico

Laisser un commentaire