De la Californie au Mont Rushmore en un week end : road-trip à travers quatre états au milieu des Etats-Unis

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Notre week-end en vidéo

Me voici de retour pour vous parler de mon premier « gros » voyage depuis que j’ai atterri en Californie. Je ne saurais expliquer pourquoi mais à la seconde où j’ai su que je partais réellement aux Etats-Unis pour mon année à l’étranger, j’ai développé une étrange obsession avec l’idée d’aller au Mont Rushmore dans le South Dakota. Ce monument national se trouvant à plus de 2000km de la Californie, il fallait organiser ce beau voyage le temps d’un long week-end. J’ai réussi à convaincre Agathe, une compatriote sciencepiste bordelaise elle aussi en mobilité aux Etats-Unis à Boulder dans le Colorado de m’accompagner le week-end du Veteran Day, du 10 au 13 novembre. Nous sommes donc parties ce we là, avec également Marie une amie de UCSD et Soraya, une amie d’Agathe de Boulder qui a eu l’extrême gentillesse de conduire tout le week-end (environ 24h sur trois jours et sans se plaindre une fois, ce qui fait d’elle la personne la plus aimable de l’univers).

Après avoir atterri à Denver et survolé les belles montagnes du Colorado, on a retrouvé Agathe et Soraya à l’aéroport sous un grand ciel bleu. On a directement pris la route pour le South Dakota en traversant le Wyoming, soit l’état le moins peuplé des Etats-Unis après l’Alaska. Ce qui nous a frappé avec Agathe et Marie c’était l’étendue des paysages. Un peu comme dans le désert, on a avalé des kilomètres de vide, sans réseau téléphonique et sans croiser grand monde toute l’après-midi. Les paysages sont toute somme assez semblables à ceux de la campagne française mais, vraiment ce qui faisait toute leur singularité était leur (immense) taille. L’après-midi nous avons roulé cinq heures, cinq heures sans voir une maison ou une ville, mise à part quelques ranchs (comme dans les films!!) tous les 60 kilomètres et des stations services, pas de signes de vie sur la US-85N. On a eu la chance d’avoir un magnifique coucher de soleil (bon à 15h30 ce qui a plongé la fin de la route dans l’obscurité, un peu stressant quand on est quatre filles sans réseaux au milieu de nulle part) qui a couvert le ciel entourant ces grandes étendues de collines d’herbe grise de mille couleurs.



Le coucher de soleil au Wyoming

On est arrivés le soir à Rapid City, la plus grande ville du South Dakota et celle la plus proche du Mont Rushmore, avec comme première source de revenu le tourisme engendré par les visites de ce monument national. Rapid City est vraiment ce que je m’imaginais des grandes villes américaines de cet états centraux pas extrêmement peuplés : quelques motels aux néons grésillants dans la nuit, des fast-foods « vraiment » américains à la chaîne (Chick Fil-a, Sonic, In-n-out…) et en dehors de la grande rue commercante qui traverse la ville, rien à part des habitations plongées dans le noir. Comme en Californie, sans la voiture il est impossible de se déplacer aisément à Rapid City et dans le South Dakota en général.

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Rapid City et ses diners

Le samedi matin on est donc parties en excursion pour la journée en commençant par aller voir le Mont Rushmore, enfin ! La route pour aller à Keystone, là où est situé le Mont (ville aussi tragiquement connue pour sa pipeline) est tracée entre des montagnes appelées les Black Hills et les bois ce qui fait qu’on a pu voir plusieurs animaux sauvages comme des biches ou des dindes (juste avant Thanksgiving, pendant qu’il en restait encore 2-3 vivantes). Quelle émotion que de voir le Mont Rushmore commencer à se dessiner entre les arbres ! Cela peut paraître un peu futile mais entre le fait que cela ait été ma toute première envie de voyage aux US, le fait qu’on ait quand même fait plus de 2000km uniquement pour venir voir ce monument et l’idée qu’on ne reviendrait sûrement pas une nouvelle fois ici dans nos vies rendait la découverte de ce momument très singulière pour toutes. Le Mont Rushmore est très impressionnant, de l’allée qui amène à l’esplanade y faisant face où s’alignent tous les drapeaux des états américains à la beauté des collines boisées l’entourant. Voir de ses propres yeux les quatre têtes présidentielles sculptées dans la roche était aussi quelque chose d’assez fort (spoiler alert : en vrai elles sont beaucoup plus petites qu’en photo). Après vingt minutes passées là-bas, et une photo prise où je mets le doigt dans le nez de Washington en perspective, on est parties voir l’autre memorial connu de la région, le Crazy Horse, construit en l’honneur des native americans. Même si nous n’avons pas pu l’approcher de très près, c’était également un monument impressionnant, quant à lui uniquement taillé par les hommes alors que le Mont Rushmore a été conçu à moitié avec des machines.

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Le Mont Rushmore

On est ensuite allées voir le Custer National Park, l’un des plus beaux de la régions. Du fait de ses grandes étendues, le South Dakota possède une multitude de parcs nationaux. Avant d’y aller nous sommes passées par la ville de Custer, charmant petit bourg de 2 000 habitants perdu derrière Keystone. En entrant dans la ville on a pu apercevoir deux trois confederate flags, dont un devant l’église (on adore) ainsi qu’un magnifique panneau « abortion kills babies » sous une statue de plâtre de nourrissons écrasés plein de faux sang (oui, oui nous sommes en 2017). A la station service on a aussi eu la joie de voir un truck où les passagers avaient tous des armes (dont un arc et des flèches??) sans qu’ils aient vraiment l’air d’aller partir chasser. Comme vous pouvez l’imaginer on ne s’est pas vraiment amusées à leur demander pourquoi ils avaient des carquois remplis, surtout qu’avec notre voiture immatriculée dans le Colorado on nous a regardé un peu de travers en arrivant.

Le National Park était vraiment magnifique, entre grands lacs à moitié gelés et une forêt vraiment immense un peu enneigée. On a eu la chance de voir beaucoup d’animaux sauvages, des biches, plusieurs cerfs et même des buffalos qui traversaient tranquillement la route! Ce qui était encore une fois très impressionnant c’était l’étendue du park, on a roulé dans la forêt pendant 2-3h en ne voyant que 10% de sa superficie. Sans réseau du tout encore une fois et sans croiser personne de l’après-midi, on s’y est vraiment senties toutes petites. C’était vraiment étrange (mais génial) de se dire qu’on était en plein milieu du South Dakota à l’autre bout du monde de notre quotidien en France, dans une forêt immense sans aucun moyen de connexion. Bon, je ne vais pas vous mentir, entre le silence et les campings et playhouses abandonnés qu’on a pu croiser en roulant (sûrement très remplis l’été) parfois j’avais carrément l’impression d’être dans le projet Blairwitch ou dans n’importe quel film d’horreur américain, surtout que nombre d’entre eux se passent dans de tels lieux. En retraversant Custer pour prendre la route vers le second national park qu’on avait prévu de visiter on a vu à nouveau un confederate flag. Bye-bye Custer merci pour le cadeau de départ !


Custer National Park et ses bisons

La dernière chose qu’on a vu de la journée était donc le Badlands national park, à 1h de Rapid City, parc national immense où de nombreux fossiles et squelettes de dinosaures ont été extraits. Autant au Custer National Park on avait pu marcher un peu entre les arbres et autour des lacs, autant pour ce parc là, les distances étaient tellement énormes qu’il était inutile de sortir de la voiture. Les paysages étaient très spéciaux, entre des dizaines de montagnes de roches, des collines grises et un sol extrêmement sec. Sans aucune blague, on s’est dit plusieurs fois qu’on imaginait carrément des dinosaures vivre ici. Une nouvelle fois ce genre de paysages m’a fait penser au désert californien pour le côté vide et immense. C’était aussi très impressionnant de se sentir à nouveau aussi petites et d’avoir vraiment la sensation d’être au milieu de nulle part. Je crois qu’on a perdu l’habitude d’être vraiment sans connexions et d’être aussi seul, sans aucune proximité humaine. On a vraiment roulé toute la journée sans croiser grand monde, encore moins que les autres visites si cela est imagineable. Et autour de nous que du rien, même au loin aucunes traces de civilisation, vraiment rien. A nouveau je crois qu’avoir sous les yeux un paysage sans aucune vie, habitations ou même végétation n’est plus quelque chose de « normal » pour l’oeil humain. Même si j’ai adoré voir ces paysages uniques au monde et que je ne reverrai sûrement jamais je dois admettre que j’étais assez soulagée de croiser d’autres voitures et de revenir vers la ville sur le chemin retour pour Rapid City.


Au milieu de nulle part dans les Badlands

Ah oui, petite anecdote qui nous a fait rire un jour après, en sortant de la route principale au bout de vingt minutes de voiture nous sommes tombées sur une grange vraiment posée au milieu de nulle part ce qui nous a étonné tant les alentours étaient vides. Elle était ornée d’une dizaine de drapeaux, tous les mêmes aux couleurs de l’Irlande avec un dessin sur la bande du milieu. Sans connexion nous n’avons pas pu regarder à quelle entité il appartenait mais on a quand même trouvé l’endroit un peu glauque (et on avait carrément raison de penser ça). Le dimanche soir chez Agathe on a cherché sur internet ce qu’il représentait et au bout de vingt minutes à fouiller les sites répertoriant les drapeaux, parce qu’il était un peu caché, on a trouvé qu’il appartenait à une secte aux pratiques vraiment sombres comme des échanges sanguins entre membres. Avec le recul on a ri parce qu’on était dans un appartement fermé à 600km de cette petite grange sympathique mais si on avait su tout ça dans l’instant on aurait été carrément moins à l’aise. ‘Murica.



Au milieu de nulle part dans les Badlands

A Rapid City on a déjeuné dans un vrai diner américain, où on a toutes approximativement pris un kilo tant la nourriture était riche (si vous regardez la vidéo à la vue du brownie vous comprendrez). On a terminé la journée en chillant à l’airbnb et en tant que bonnes américaines pour l’année, on est allées chercher le dîner au drive-in d’un fast food. ‘Murica ❤

Le diner de Rapid City

Le lendemain on est passées par le Nebraska pour rentrer dans le Colorado. Si le Wyoming m’avait plutôt plu et que j’avais trouvé ces paysages relativement beaux, j’ai vraiment eu l’impression de traverser le néant au retour (dsl à tous les habitants du Nebraska). A part deux trois stations services à nouveau on a pas vu d’autres commerces / traces de vie. Je m’imaginais bien que le milieu des Etats-Unis était plutôt vide mais pas à ce point là et surtout sur d’aussi longues distances. Avant de revenir à Boulder on s’est arrêtées dans la hometown de Soraya à Fort Morgan dans le Colorado. Les paysages du Colorado sont vraiment magnifiques, les montagnes sont vraiment énormes et très différentes de nos Pyrénées (rpz). Après un week-end entier à rouler (merci encore Soraya vraiment) on est arrivées à Boulder chez Agathe où on a visité son campus qui mérite sa place au classement des plus beaux campus américains. C’était aussi super marrant de voir à quel point il est différent de notre campus surtout que Boulder est organisée autour de l’université alors qu’à San Diego pas du tout. Aussi, le campus de Boulder est entouré d’énormes maisons de fraternité, quelque chose que nous n’avons pas à UCSD, c’était énorme de voir enfin ces minis châteaux dont on a tant entendu parler ! La ville est très hipster et étudiante ce qui crée une atmosphère super sympa. Elle est encadrée par les montagnes, le campus étant à vingt minutes à pied de celles-ci. Si je peux prendre le bus et finir face au Pacifique en une demi-heure, Agathe peut elle aller skier. Cette idée fait aussi partie de ce que j’ai adoré voir ce week-end là (et que j’aime beaucoup aux Etats-Unis en général) soit la diversité des paysages américains et à quel point aucun n’est semblable à un autre.

On a pris l’avion le lendemain depuis Denver après un doux réveil à 5h du matin, au revoir Agathe et à bientôt en Californie, merci pour les beaux souvenirs le Colorado et le South Dakota !

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Les montagnes du Colorado

Depuis que je suis arrivée ici j’ai eu l’immense chance de faire de nombreux voyages et pourtant je crois que celui-ci était mon préféré. Premièrement parce que comme je l’ai écrit plusieurs fois je ne crois pas que je reviendrai dans le South Dakota et au Mont Rushmore, j’ai donc profité au maximum de ce week-end. Ensuite parce-que j’étais vraiment très contente de voir ce côté là des Etats-Unis, l’Amérique profonde, parce que la Californie et New-York ne sont vraiment pas représentatifs de tout ces états qui pourtant constituent la majorité du pays. Enfin, c’était vraiment un beau road trip et je rêvais d’en faire un aux US depuis très longtemps donc voilà une autre chose à cocher de ma bucket list.

« Now somewhere in the black mining hills of Dakota »
Rocky Racoon, The Beatles







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